26 octobre 2008 Petit colibri
Les chats aiment les oiseaux n'est-ce pas ? Particulièrement les oiseaux paresseux et insouciants... Il est cependant un oiseau dont ils ne peuvent que rêver, car celui-ci est toujours sur ses gardes ; trop prudent pour qu'un chat puisse le gober...Le colibri est brillant comme un appât mais, mon petit chat tu n'es pas assez rapide pour cet oiseau là et ça vaut mieux pour une certaine forêt...
Combien faudra-t-il de colibri pour sauver le monde entier.
Petit colibri
Dans la forêt équatoriale, alors que d'habitude, chaque jour ressemble au précédent, que chacun vaque à ses propres affaires, un colibri très occupé à butiner deci-delà ne semble pas remarquer le remue-ménage autour de lui.
Un nuage de fumée noir et dense, lourd de menaces envahit peu à peu l'horizon. Les plus gros animaux ont réagi les premiers : c'est eux qui voient plus loin.
A leur tour, les plus sensibles ont vite compris, entrainés qu'ils sont à vibrer au moindre parfum de panique.
Pour que le colibri relève enfin le bec des coroles enivrantes qu'il visite, il ne faut pas moins qu'une bruyante famille de singes le bouscule et brise la coupe de son souper. Colibri, travailleur infatigable s'apprête à invectiver les inconscients, lorsqu'à son tour, il voit l'épais manteau noir qui se précipite sur eux.
Instantanément, comme chaque habitant de cette jungle, il comprend que le danger est immédiat et qu'il doit fuir : la forêt brûle.
Le seul refuge pour tous, c'est le fleuve qui traverse la jungle et chacun s'y précipite dans un chaos sans nom. Beaucoup n'atteignent pas le large cours d'eau, écrasés par le voisin qui veut sauver son poil.
Heureusement dans le ciel, l'espace est plus souple et Colibri atteint le fleuve sans encombre.
Au milieu d'une foule à écailles, à plumes, à poils, tous plus désemparés les uns que les autres, Colibri s'affaire et tente d'atteindre la surface de l'eau sans être blessé. Dans son bec trompette, il aspire alors une goutte de l'eau du fleuve et, s'approchant du feu autant qu'il l'ose, il y jette sa goutte. Personne ne prête attention à son manège. Mais lorsque pour la dixième fois, il demande à Hippopotame de pousser sa cuisse charnue afin de passer, on commence à le trouver agaçant. Petit à petit les regards égarés convergèrent sur les va et vient de Colibri et malgré la situation tragique, Hippopotame éclate de rire, bientôt rejoint par tous les autres spectateurs :
"-Colibri, tu es stupide ou prétentieux ou peut-être les deux. L'incendie ravage le rivage et tu roussis tes plumes pour déposer sur ce feu d'enfer une
gouttelette insignifiante : c'est pathétique !"
Colibri libère encore une fois sur le feu la goutte qu'il porte et vole paisiblement auprès d'Hippopotame pour lui répondre de sa voix fluette :
"-Vous pouvez vous gausser grosse bête, mais moi, je fais ma part !"

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