Les voleurs et l'âne
Les voleurs et l'âne
Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient :
L'un voulait le garder, l'autre le voulait vendre.
Tandis que coups de poing trottaient,
Et que nos champions songeaient à se défendre,
Arrive un troisième larron
Qui saisit maître Aliboron*
L'âne c'est quelque fois une pauvre province :
Les voleurs sont tel et tel prince,
Comme le Transylvain le Turc et le Hongrois.
Au lieu de deux, j'en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d'eux n'est souvent la province conquise :
Un quart** voleur survient, qui les accorde net
En se saisissant du baudet.

L'un voulait le garder, l'autre le voulait vendre.
Tandis que coups de poing trottaient,
Et que nos champions songeaient à se défendre,
Arrive un troisième larron
Qui saisit maître Aliboron*
L'âne c'est quelque fois une pauvre province :
Les voleurs sont tel et tel prince,
Comme le Transylvain le Turc et le Hongrois.
Au lieu de deux, j'en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d'eux n'est souvent la province conquise :
Un quart** voleur survient, qui les accorde net
En se saisissant du baudet.
*Il paraît qu'un avocat plaidant en latin s'écria un jour :
nulla ration habenda est istorum aliborum (on ne doit pas tenir compte des ces alibi)
On appela depuis cet avocat maître aliborum, pour marquer son ignorance :
de là ce nom est passé naturellement à l'âne.
**un quatrième, cette expression était déjà vieilli du temps de La Fontaine
nulla ration habenda est istorum aliborum (on ne doit pas tenir compte des ces alibi)
On appela depuis cet avocat maître aliborum, pour marquer son ignorance :
de là ce nom est passé naturellement à l'âne.
**un quatrième, cette expression était déjà vieilli du temps de La Fontaine

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