12 janvier 2007 Oupir... suite

Oupir... suite

     Le seigneur de l'Oupir mourut rapidement. Les paysans qui n'attendaient que cet instant forcèrent la demeure avec la complicité de la garde et volèrent le corps pour l'enterrer selon les croyances... les paysans ont des croyances.

    Le seigneur avait pensé pouvoir résister et pourquoi pas rester en terre, s'il devait s'y réveiller.
   C'était sans compter la faim de son ventre. Il s'est extirpé de sa tombe, ses nouvelles forces firent merveilles.
    Au début, il a lutté contre sa nouvelle nature, vraiment. Il a chassé les écureuils, les oiseaux, les mammifères.... mais la faim, la solitude et l'amertume ont triomphé. Il a succombé, il s'en est pris aux vieillards, aux miséreux, aux malades... Il espérait vaguement qu'un sang mauvais le tuerait...

     Mais les vampires ne meurent pas. A la fin de chaque repas, il détruisait ses victimes, il resterait le seul vampire. Un prédateur pour la vallée du Vah était bien suffisant !
Petit à petit sa nouvelle condition a dévoré sa nature humaine et le seigneur est devenu l'Ouril, la malédiction de Poprad. La seule chose qui l'attachait encore à l'humain était sa fascination pour les femme brunes et gracieuses comme feue son épouse, et le vampire en lui parvint à pervertir cela aussi. Les femmes de ce type devinrent ses victimes privilégiées.

    Au bord du Vah, vivait l'une de ces jeunes filles. Une femme jeune, brune et gracieuse. Dans le village, on savait qu'elle connaissait les plantes et leurs usages. Etonnant que l'Ouril ne l'eût point encore remarquée ! Mais elle était sage et ne sortait pas la nuit, elle connaissait les dangers de sa région et ne recherchait pas l'aventure.
    Cependant, il advint que la pauvre enfant soit appelée au château. La descendance de l'Ouril, le maudit, s'éteignait. Slava se rendait au chevet du petit fils de l'Oupir, afin de l'aider si elle le pouvait. Elle devait y passer quelques nuits. Personne n'aimait plus se rendre au château, les premières filles à disparaître avaient été enlevées tout près de la demeure. Mais Slava était courageuse et elle savait que le mourant avait besoin de son savoir. Elle fut accueillie par quelques serviteurs vieillissants et tristes, l'ambiance du château était très déprimante. Après avoir vu son malade et prodigué quelques soins, elle se retira dans une petite pièce à côté de vieux seigneur.

    Par une fenêtre très étroite, elle contemplait la lune et chantait.
L'Ouril  rôdait souvent sur ces terres qui furent les siennes. Il avait tout désormais du vampire slave qui avait croisé son chemin 175 ans plutôt. Il était vêtu de la même façon .

     En tentant d'en finir, il y a fort longtemps, il avait sauté de très haut, et, de façon surprenante, il s'était transformé en chauve-souris. Désormais pour lui voler était un jeu d'enfant et c'était un des rares plaisir de feu le seigneur de l'Oupir. C'est ce qu'il fit au son de la voix de la jeune fille... Lorsqu'il la vit, il se troubla et désira violemment la dévorer, la consommer toute entière, se délecter de son sang et ne rien laisser de sa chair !
    Il entra au château par une porte dérobée et parvint à la chambre de la jeune fille sans encombre.
« S'il te plaît, dit-il au travers de la porte, j'ai besoin de tes soins ! ». Instantanément la jeune fille sut à qui elle avait à faire. Son patient était bien trop faible pour parler, alors se lever et toquer à sa porte, c'était parfaitement impossible. Son coeur cognait dans sa poitrine. C'est une chose de connaître un danger, c'en est une autre que de l'affronter.
«- Mon seigneur, vous prendrez froid, si vous ne retournez pas au lit !
-En effet j'ai bien froid et je tiens à peine sur mes jambes. ».
La clef joua dans la serrure de la jeune fille. L'Ouril salivait, il attendait impatiemment de tenir cette chair dans ses bras, contre ses dents.
     Il se jeta sur l'ombre qui passait par la porte. Ce qu'il tenait entre ses mains était un manteau de fourrure.
« Tenez, lui dit la jeune fille, cela vous protègera du froid. »
En Slovaquie, on a un peu l'habitude des créatures comme l'Ouril et suivant en cela, ce qui se répète depuis plusieurs générations, Slava avait frotté la fourrure sur son corps avant de faire couler dessus quelques gouttes de son sang. Aveuglé par la faim et l'odeur du sang, l'Ouril dévora la fourrure comme s'il se fût agit de la jeune fille. Bien sûr, il n'était pas dupe, mais il ne pouvait pas résister à cette promesse de festin.

...............................................................à suivre .......................... 



Article ajouté le 2007-01-12 , consulté 28 fois

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