16 janvier 2007 Un souhait pourquoi faire ?

Décidemment il ne fait pas chaud dehors... les gens ont bien des soucis. Je vais remettre ma pelisse de chat et laisser s'estomper la réalité ; entrer dans le monde virtuel, près de la cheminée et écouter ronronner l'histoire qui me revient à l'esprit.

 La nature humaine, la nature animale ? Parfois les hommes n'ont rien à envier aux bêtes...

 

Un souhait pour quoi faire ?


Sur une terre aride et difficile, dans un paysage à peine vivant, vivaient deux hommes à quelques kilomètres l'un de l'autre.

Ils n'avaient rien à s'envier, leurs huttes étaient misérables, leur maigres plantations exigeaient un effort prodigieux et leur rendaient bien peu. Ils avaient chacun quelques volailles... et c'est tout.

Pas de famille, pas de perspective d'avenir. Ils auraient pu occuper leur solitude ensemble : ils se détestaient. Ca occupe aussi. D'aussi loin qu'ils se voyaient, ils s'invectivaient et finissaient toujours par se battre. Si un poussin venait à leur naître, ils s'empressaient d'aller narguer l'autre. Par temps de récolte, ils gonflaient, vantaient les résultats, et se réjouissaient de la jalousie suscitée.


Un jour, l'un deux trainait son pas, tandis qu'il réfléchissait à son voisin. Il lui semblait l'avoir vu fort actif et craignait qu'il n'eût une nouveauté enviable. Distrait par ses pensées, il trébucha sur un goulot de récipient en terre cuite. Elle paraissait très ancienne, elle était fermée avec du torchis et de la cire. Curieux, il l'ouvrit. Dans ces mondes étranges et parallèle, où se il passe tant de choses, on devrait toujours se méfier des vieux objets.

Enfin, il l'ouvrit. Pas de fumée, ni de roulement de tambour, mais tout à coup se trouva devant lui un petit homme au regard étrange.


"-Hé bien l'ami ! On dirait que tu viens de me tirer de ma prison !

-Hé bien l'homme ! On dirait que tu me dois quelque chose !

-Tu menaces en vain, je ne vois pas comment tu pourrais à nouveau me piéger,  toi qui ne connait rien à la magie... mais je suis tenu par ma loi et en effet je te dois quelque chose..."


Le paysan leva son regard vers la hutte de son ennemi. Il se réjouissait de sa bonne fortune et se disait que quoique ce soit, le don de cet étrange petit être, lui donnerait une longueur d'avance sur l'autre.

Un sourire malsain monta aux lèvres de l'ex-prisonnier qui reprit :


"-Tu as le droit de faire un voeux, mais sache que tout ce que tu souhaiteras sera accordé à ton voisin en double part, ainsi tu contribuera à faire le bien"

L'homme de la terre aride devint très pâle et se défendit de pouvoir choisir pour son "ami".

"-Il faudra bien que tu choisisses, je te laisse jusque demain matin !"


Alors commença pour le frère ennemi, la nuit la plus longue de sa vie.

Souhaiter de vivre sur une terre productive... et l'autre aurait le double !

Souhaiter une maison confortable et une rente à vie ... et l'autre aurait le double !

Souhaiter une belle femme et de bons enfants... et l'autre serait doublement heureux...

La nuit passa, parce que quelque soit la question les nuits finissent toujours par passer. Et avec le soleil revint l'étrange petit homme.

"-As-tu fait ton choix ?"

D'un ton sinistre, des larmes de rage dans les yeux, le voisin terrible exigea que le magicien lui crève un oeil.




Article ajouté le 2007-01-16 , consulté 19 fois

Commentaires


sortilege le 19/01/2007 à 20:39:14
ben oui ma belle comme je dis toujours love and peace
escarnouille le 19/01/2007 à 18:51:37
elle est terrible cette histoire... dire que trop de gens vivent comme ça... je voudrais dire à tous ceux-là : arrêtez ça! et aimez-vous les uns les autres!

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