22 janvier 2007 Le paysan de le Aubure
Un chat s'éveille en baillant, une femme tend l'oreille...
le bonheur des hommes est très surfait... Demandez aux chats : une sieste, un repas, un rayon de soleil et la promesse d'une caresse, le paradis ne vous apportera pas plus. Quoiqu'on en dise...
A ce sujet, il était un homme qui n'avait pas de chat, mais qui avait une certaine idée du bonheur...
Le paysan de le Aubure
Il s'ennuyait beaucoup et se lamentait souvent. Il abusait aussi de l'alcool et c'est ce qui le poussa sans doute, un jour à partir à la conquête du tertre de la jeune fille morte.
Une légende disait que, celui qui parvenait au tertre, et s'y tenait en équilibre le 31 décembre à minuit, celui-là pourrait parler à Dieu.
Le paysan d'Aubure avait quelque chose à demander à Dieu et l'alcool aidant, cette après-midi 31 décembre, il voulait croire en la légende.
Il prépara ses raquettes (une bonne couche de neige couvrait la montagne) et s'en alla dire au revoir à son âne Anatole :
"Yo Anatole, tu me connais, che suis Caspard, le paysan de le Aubure, 35 ans que che suis le paysan de le Aubure, 35 ans que che m'ennuie, che n'ai pas de femme, che n'ai pas d'archent, che n'ai que mon petit chardin et toi, Anatole. Che m'en vais sur la montagne temanter à Tieu pourquoi c'est ainsi, et s'il ne feut pas me permettre d'afoir une fie meilleure.."
Et Gaspard commença l'ascension de la montagne en début d'après-midi.
Il avait à peine cheminé un kilomètre, qu'une ombre noire surgit soudain devant lui. C'est un loup aux crocs terriblement accérés, et aux yeux rouges...
"-Qui es-tu toi, qui t'aventures sur mes terres ?
-Yo le loup tu me connais, che suis Caspard, le paysan de le Aubure, 35 ans que che suis le paysan de le Aubure, 35 ans que che m'ennuie, che n'ai pas de femme, che n'ai pas d'archent, che n'ai que mon petit chardin, et mon petit âne Anatole. Che m'en vais sur la montagne temanter à Tieu pourquoi c'est ainsi et s'il ne feut pas me permettre d'afoir une fie meilleure..
-Oui, Gaspard, je te connais mais j'ai terriblement faim, et je te dévorerais bien... toutefois, ça ne calmera pas mon appétit. Alors je vais te laisser passer, à condition, que tu demandes à Dieu pourquoi, quelque soit le repas que je prenne, pourquoi la faim me tient ainsi.."
Sans demander son reste, et sur des jambes un peu tremblantes, Gaspard aborda la forêt mais il ne pu aller loin. Le sentier praticable était complètement obstrué par un arbre aux multiples et multiples racines.
Il se demandait bien comment il allait passer : sur les bords du chemin, la neige et la végétation rendaient la chose presque impossible. Il s'appuya sur le tronc pour réfléchir... et l'arbre se secoua :
"-Ho ! HO ! Hey petit homme ne t'appuie pas sur moi, je suis pas bien solide sur mes racines !
- Tu me chènes, che peut pas passer, tu pouches tout le chemin !
- Pourquoi donc je te laisserai passer ? Qui es-tu ?
- Yo, l'arpre, tu me connais, che suis Caspard, le paysan de le Aubure, 35 ans que che suis le paysan de le Aubure, 35 ans que che m'ennuie, che n'ai pas de femme, che n'ai pas d'archent, che n'ai que mon petit chardin, et mon petit âne Anatole. Che m'en vais sur la montagne temanter à Tieu pourquoi c'est ainsi et s'il ne feut pas me permettre d'afoir une fie meilleure...
- Gaspard, Gaspard... oui je crois que ça me dit quelque chose. Je peux me lever un peu sur mes racines mais tu dois me rendre un service !
- ...
- Si tu parles à Dieu, demande lui pourquoi je ne peux pas ancrer mes racines dans la terre ! Quelque chose me bloque, j'ai beau planter, je suis toujours limité... Pas moyen de grandir davantage, je crois même que je commence à dépérir !
- Che te rentrais ce service l'arpre !"
L'arbre souleva ses racines et Gaspard pu poursuivre son chemin.
Mais la nuit tomba et le paysan se perdit... Il erra un certain temps et commençait à désespérer, lorsqu'au loin il distingua une lueur.
La maison de la vieille Ernestine... ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vue au village.
Il s'approchat et frappa à la porte.
"-Qui est là ?
-Yo Ernestine, tu me connais, che suis Caspard, le paysan de le Aubure, 35 ans que che suis le paysan de le Aubure, 35 ans que che m'ennuie, che n'ai pas de femme, che n'ai pas d'archent, che n'ai que mon petit chardin, et mon betit âne Anatole. Che m'en vais sur la montagne temanter à Tieu pourquoi c'est ainsi et s'il ne feut pas me permettre d'afoir une fie meilleure...
-Che te connais pas vraiment, mais ch'ai pien connu ton père !
-Che suis pertu la fieille laisse moi rentrer !"
Il passa un peu de temps chez la vieille Ernestine. Elle lui raconta que le tertre était bien un endroit magique, parce qu'une femme qui portait un enfant était morte, en fuyant la populace.
A cause de l'innocent qu'elle avait en elle, une porte de Dieu s'était ouverte là. Et à minuit, ce soir, s'il le voulait, Gaspard pourrait lui parler :
"Yo Caspard, c'est le pon chour et minuit, c'est la ponne heure. Si tu vas là-pas, temante lui ce que che dois faire pour Chenefièfe. Tu l'as pas vue, elle tord à l'étache. Che fieilli, il lui faut un mari, temante le conseil te Tieu !"
Autour de vingt heures ce soir là, Gaspard quitta Ernestine pour tenter de trouver le tertre.
A suivre...

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