Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

La femme de fer

Que savez-vous de l'homme noir, liquide qui se pose sur une pierre de mon esprit ?

Que savez-vous de cet endroit sombre éclairé par les lucioles de roches ?

Que savez-vous des pierres de fluorine qui reflètent la noirceur et la lumière au sein de son cristal ?

 

J'ai suivi un couloir de ténèbres. J'ai trouvé un foyer de flammes froides.

Puis l'homme liquide. Il était assis sur une pierre, il luisait de sa propre matière, qui coulait en lui en un flux constant. Il n'a pas levé les yeux. En avait-il seulement ?
Je n'ai pas pu m'empêcher d'approcher de sa pierre, d'entrer dans son ombre, de m'y camper et dans son corps, me fondre.
Il m'a submergée.

 

Il était moi et j'étais lui.

Il n'avait ni mémoire, ni haine, indifférent, à peine conscient d'être, mais pourtant il me noyait dans sa chair étrange, avec une détermination certaine.

Il m'a fallu lutter, il m'a fallu m'extraire.

 

Je suis remontée des fonds de la terre.
Il foulait mes pas, il n'a pas supporté la lumière. Il est retourné en bas.

Mais par quelques pores, aujourd'hui encore, il colle à ma peau.

 

Fragile, je sais qui est l'homme noir, liquide, je sais la grotte où il se cache. Je sais la lumière sombre et l'espoir des lucioles. Elles sont nées de ses échecs.

Et lui sait comment m'atteindre, il connaît mes cellules et les dévore.

L'homme noir liquide, pathogène, me tuera sûrement, mais j'espère encore quelques lucioles, sur le chemin de ma défaite.

Je rouille, je suis la femme de fer.



18/09/2016
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