Le sens d'un feu follet - Petit sortilège sans prétention

Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

Le sens d'un feu follet

 

Un feu follet s'extrait de terre, il vibre d'une lumière vert bleuté. Irradiant de joie et d'énergie, quelques secondes ou toute une vie. Un feu follet un rien pressé cherche une gentille compagnie.
S'appuyant sur le vent et gonflant dans la brume, il palpite aussi chaud, aussi vite, qu'un cœur d'enfant.
Il lui faut traverser le marécage de l'oubli, la forêt d'une seule chance pour avoir, peut-être, l'occasion de trouver son second souffle.

 

Alors, le temps si court sur ses talons, le feu follet étincelle en assaut, vers le ciel, toujours plus haut. Il gravit le brouillard, strate après strate. Attrape le méthane et brûle jusqu'à son âme.
Le feu follet s'efface si vite, à peine né, étincelant un bref instant, déjà la nuit le digère. Il étire ses forces , obstiné, nourrissant son endurance par la joie d'être libre.
Il n'a pas encore capitulé. Il avance, il avance ; en dessous la forêt s'est clairsemée.


Comme une braise discrète, dans un feu éteint, il y a un espoir qui grésille plus bas : c'est un cœur qui s'éteint. Un enfant, affamé de sommeil et las de maladie, refuse de souffrir davantage, malgré la supplique de ses parents…


Le feu follet attiré comme un aimant, jaillit du piège de l'obscurité, plonge vers le monde et vers un cœur d'enfant.
Il le dilate vert bleuté, il le palpite et le réchauffe. Il s'adresse à l'être au-delà du pensant, par des millions de neurones. Il choque le cerveau, brutalise les globules et produit dans ce corps à bout, un tel sursaut de vitalité, que l'enfant tremble de bas en haut.


Dans les larmes de sa mère un rien d'espoir se glisse, le compteur accroché au moteur de son fils marque une accélération inattendue. Pourtant, elle n'y croit plus. Le chant du signe... Mais elle approche de son visage, elle espère qu'il entendra, une fois encore combien elle l'aime et combien elle a de peine
Petit garçon ouvre les yeux. Dans sa poitrine douloureuse, il sent une force furieuse, comme un océan vert bleuté, prêt à l'emporter sur les vagues d'une vie bien longue.
Le feu follet ne craint plus l'obscurité et son feu n'est pas vain. Il fusionne avec le petit corps. Il a trouvé une gentille compagnie où se blottir et se garder.


Un enfant de feu renaît.



21/01/2016
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