Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

Les larmes du ciel

 

 

 

Un rideau de larmes coule du ciel. De temps en temps, il faut bien relâcher les émotions…
Les larmes du ciel ne sont pas salées c'est comme ça que je les reconnais, quand elles se mêlent aux miennes.
Avez-vous remarqué, que dans les endroits où il faudrait le plus pleurer, il n'y a pas d'eau ?
Le ciel ne peut, là-bas, pleurer…
La colère qui domine dans le monde, suffit parfois à le dessécher, et le ciel, qui n'est pas très courageux, tâche d'éviter un peu ces lieux, nos règnes d'indifférences...
Les nuages en bagage, retiennent l'eau. Le ciel prétend garder ses émotions et sa peine, pour nous les montrer, pour qu'on s'occupe des déserts, pour que la misère de monde nous concerne.
Il dit que les fleurs d'ici poussent grâce aux larmes de là-bas.

Les larmes célestes détrempent tout, sauf le feu de nos colères.
Elles collent les plumes, les cheveux, les graines… Tout ce qu'un souffle d'air envole…
Quand le cœur là-haut est trop lourd, la pluie nous colle au sol.
J'ai du regret à dire que parfois le chagrin du ciel me fait plaisir, parce qu'il fait chaud, parce que j'ai soif. J'oublie alors les mondes en souffrance et je crois aux règles des sciences. C'est un cycle naturel, que pourrait-on y faire ?

Parce que c'est plus facile d'ignorer la misère du monde : on coulerait avec les bateaux. Et que les bateaux coulent, chargé de misère, ça arrive, c'est regrettable, mais il faut bien s'occuper de soi.
Les bateaux coulent dans les larmes anciennes du ciel. C'est ainsi qu'un cycle finit : des rideaux de pluies, de souffrances, de chagrins… peu à peu remplissent les fosses de la terre et finiront par noyer les centaines d'êtres qu'on abandonne.

Des cieux à la mer, un cycle se termine, un déni de grossesse des mondes qui n'ont pas faim.
Nous enfantons la misère et nous en tuons les enfants.
J'ai des rideaux de larmes quand j'y pense qui détrempent mon âme et qui collent mon cœur.
Il pleut aujourd'hui. Combien de migrants mourront de l'espoir qu'ils ont nourri en regardant nos fleurs.



13/01/2016
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