Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

Petit garçon et petite fée

 

Normalement c'est beau un cœur de petit garçon... On peut le voir facilement quand il le tient dans sa main. Mais dans sur la paume tremblante de cette enfant là, un carde palpite tout racorni de rage et de chagrin.
Il ne brille plus et ne rêve plus à rien : il a perdu son innocence.
Le petit mômillon assis sur le sable d'une plage désolée pour lui, range son cœur dans sa poitrine et son esprit s'indigne de son nouvel âge dévolu : il lui restait à vivre tant d'années de candeur !
Petit homme devenu, ne veut pas renoncer à irradier. Il doit trouver le moyen d'enlever ce voile sur son cœur qui l'étouffe en son sein.

Il sait d'où vient le maléfice.
Il sait que les hommes tressent millions de rancœurs et d'envies, de fatalismes et de paresse à cultiver, amour et tendresse.
Pourtant, lui, chaque jour le fait avec dévotion, il caresse son cœur et l'écoute avec attention.
Quotidiennement, il lui donne ce dont il a besoin et il ignore ce qui lui fait envie. Il trouve auprès des autres, même des grognons, le soleil et l'engrais nécessaires pour que son amour et sa tendresse croissent sans limite.
Jusque là son bel organe avait grandi et gonflé. Il irradiait cet attachement irrésistible qui faisait dire à tous « Quel bel humain ! Quel puissant remède que ce mômillon- ! »


Et puis dans son village une petite fée aux traits froissés est arrivée. Elle est entrée dans la poitrine du
petit garçon sans même y penser et dès lors, son cœur en avait eut besoin.
Petite fée ne sourit jamais.
Petite fée bleue a un cœur éteint. Elle dort dans la serre d'un père qui l'écrase, et tuméfie sa chair et son amour de chagrin.
Petite fée à la peau bleue traîne les pieds et ne pleure plus. Chaque jour identique au désert de la veille, la tue à petit feu.
L'enfant remède du village a concentré tout son amour pour la soulager. Mais il ne
peut rien contre la douleur et la violence et le désir de vivre mourant de la petite fille en fée.

Alors son cœur à lui a souffert, a saigné. Hier il battait si peu que
Petit Garçon a compris que c'était grave. Son cœur a envie de tuer le père, mais l'enfant n'écoute pas ses envies. Il écoute ses besoins et il a besoin que Petite Fée soit en sécurité, il a besoin de l'amour de Petite Fée.

Il n'est pas magicien…
Il même est tout petit… Il n'est même plus innocent… Il sent le poison de la rage qui crie dans son corps.
Petit
Garçon a aidé tant de cœur dans son village. Aujourd'hui c'est lui qui demande de l'aide.
Il a quitté sa plage d'inquiétude et de peine. Il est rentré au hameau et s'est assis sous l'arbre à palabres.
On ne va là que pour
discuter des choses graves.
Les vieux sont venus les premiers
s'asseoir Intrigués les autres, les jeunes, ont suivi. Autour de l'enfant, hommes et femmes l'écoutent avec attention :
« Vous avez vue
Petite Fille ? Vous avez vu comme sa peau est bleue, comme son cœur se tait, comme la violence de son père la prive de sa vie ? »

Le village étonné, admet qu'il n'a rien remarqué. Tous ses membres sont occupés à garder cet amour en eux, qui a tendance à s'évaporer s'ils n'y prennent pas garde.
Petit
Garçon exaspéré leur répète pour la millième fois peut-être :
« Il ne faut pas vous occuper trop de votre cœur. Vous avez besoin du soleil des autres pour nourrir d'amour, l'amour que vous lui donne
rez. Bien sûr c'est important de vous occuper du vôtre mais pas seulement !
Le père de Petite Fée a le cœur dur ! Sec ! Il l'a abandonné depuis si longtemps que je ne peux plus l'aider. C'est difficile pour moi de l'admettre. Dites-moi ce qu'il faut faire ? »

Intempestifs et touchés, les jeunes du village proposent de tuer le père. Plus de père plus de menace…
« Si vous tuez le père, Petite Fée ne guérira jamais. Elle a besoin qu'il l'aime, un peu, ou qu'il cesse de la maltraiter, mais elle a besoin de son père pour aller mieux. »

Les vieux de village réfléchissent avec leurs années. Il ne faut pas tuer le père… Il ne faut plus qu'il puisse faire d
e mal à Petite Fée….
Le cœur de Petit Garçon écoute les hommes discuter. Sa rage diminue.
La plus vieille des vieux du village dit :
«-Il faut marier le père avec force et équilibre. Il faut marier le père avec Solitude -le village s'étonne-
-Solitude n'a pas besoin du père... »

Solitude se lève et dit :
«-J'ai suffisamment vécu pour moi. Petite Fée est magnifique. Le père ne m'effraie pas ! Je suis beaucoup, beaucoup plus forte que lui. Et si le village
me veille, que je suis soutenue, je pense être capable d'éveiller son cœur si dur ! Le mien détient des trésors de tendresse, lorsque j'étais enfant, moi aussi j'étais un remède et je m'occupais s de mon cœur, si bien. Si bien qu'il n'a jamais eu besoin d'autre chose que de moi… »

Petite Fée éteinte sort de sa maison.
Tout le village, sous l'arbre à palabres la regarde. Le cœur de Petit Garçon secoue son chagrin et gonfle de joie.
À nouveau, il rayonne d'amour. Il tend vers l'enfant bleue toute la tendresse dont il est capable.
Solitude s'approche de Petite Fille et lui dit :
« Tout le village te demande pardon de t'avoir négligée. Tu as désormais une famille, tu as une mère et je vais soigner le cœur de ton père. Tu ne seras plus l'enfant bleue, tu peux être, si tu veux, la Petite Fée du Petit Garçon. »

Petite Fée regarde le
mômillon, l'enfant soin. Elle sent la chaleur de sa poitrine, elle sent la tendresse d'un cœur pour le sien. Son visage retrouve le chemin d'un sourire et de l'amour des siens.



15/01/2016
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