Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

Rêver aux étoiles

 

 

 

Une petite étoile, un peu seule sur la traîne obscure d'un univers indifférent, regarde au loin ce monde bleu, d'où s'échappent parfois un rêve ou deux. Ils sont beaux les rêves. Elle ne regarde qu'eux. Elle laisse glisser et mourir dans la traîne, quelques cauchemars hideux.
Mais les rêves… ils l'habillent, ils la brillent, et la nuit autour d'elle recule sous son feu.
Pour bien faire, il lui faudrait un petit songe, mais gonflé de constance, de forts désirs et de folie.

Il lui faudrait le rêve d'une vie…

 

Les étoiles filantes sont les hameçons de nos vœux.
Je cours autour de la Terre pour en livrer un ou deux à la nasse d'un ciel…
Qui les entend ?

 

Je cours dans la nuit du mois d'août, je cours après un rêve.
J'implore les étoiles scintillantes de s'approcher pour écouter les sanglots du monde. De leur voies lactées alors, peut-être laisseront-elles tomber, l'attention bienveillante qu'elles portent en lumière, jusqu'au creuset de l'humanité.

 

Nos vœux enlacés, jetés vers les cieux obscurs, percutent et se brûlent aux feux des étoiles filantes. Touchées, elles explosent soudain en silence, mais la mer étoilée les entend.
Tous les vœux tissent les rêves de l'humanité.
Les étoiles ne peuvent pas rêver. : elles ne dorment jamais : la nuit les menace.
Elles scintillent, déterminées à allumer l'espace. ; petites lampes de chevet reliées à nos rêves, elles exhaussent les souhaits.

 

Je cours, dos au levant, pour retarder l'aube. J'enflamme ma gorge à mugir mon désir, ma folie. C'est une nuit de mois d’août, une autre qui accueille ma course. Mais le soleil se lève... Je n'ai pas vu filer cette étoile que j'attends.
Demain, encore, dans le sol de mon obstination, je tracerai le sentier volontaire de ce vœu qui m'anime. J'attendrai la belle, la ronde, la pleine qui pourra porter jusqu'au cœur de la nuit, ce désir viscéral de donner la vie.

Je cours, éclairée pas la lumière blanche d'une lune complice. Je la supplie de voiler sa lueur,, de peur que, timide, une attention bienveillante ne s'éclipse. Je cours, les yeux rivés au ciel, le cœur plein de la même prière que la veille : donne-moi un enfant…

 

Il ne sert à rien de le vouloir, c'est ton corps qui ne peut pas. Un enfant, ma fille, ce ne sera pas pour toi. Le monde regorge d'orphelins, tu n'auras qu'à tendre la main.

 

Mais, tendre, tant qu'à faire, cet enfant que je ne peux faire, c'est lui que je veux. Alors je cours, dans les nuits du mois d'août vers les étoiles filantes pour rencontrer la mienne.

 

Une petite femme un peu seule c'est comme une étoile filante : perdue dans une vie obscure, elle recherche la lumière. Et son rêve monte de son cœur, emplit le ciel et telle une comète, elle bondit vers l'hameçon bienveillant de sa jumelle de lumière.
L'étoile filante explose sous l'impacte du désir d'un amour ardent, d'un amour d'enfant. Et son astre l'entend. Il concentre son intention, sa tendresse et son besoin de briller et nourrit un corps blessé, suffisamment pour le réparer.

 

Je ne cours plus.
Je laisse aux autres la chance d'être exhaussés. Mon rêve dans mon corps prend corps.
Une petite fille curieuse et au regard brillant comme une étoile, viendra bientôt m'aider à compter les rêves en un ciel éclairé.

 

 

 

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=1wwrxAsNPjU
(Sextet for Triangles by Drew Worden fond sonore)

 

 

 



03/06/2016
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