Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

Ma raison d'être (Ubuntu)

Dans la chaîne d'un monde, en mailles reliées, tiré, poussé, on est entraîné comme on s'aime.
Comme on sème...
Ubuntu, je suis tu, vous comme moi… dans la jungle du monde, je survis grâce à toi.

Je ne peux pas soulager les foules, les serrer dans mes bras, tarir les fleuves de leurs larmes, soulager les blessures de solitude ou d'abandon.

Je suis triste d'y penser.
Il me reste de l'espoir en partage, fort et grand, comme une montagne, de l'espoir à semer, à s'aimer.

 

La vie perd parfois de son sens, lorsque seule, il arrive qu'on la traverse.
J'avais perdu ma raison d'être. Je ne savais plus qui j'étais. J'attendais que mon enfant soit assez grande pour le supporter : je voulais mourir.

Je passais beaucoup de temps à écouter les histoires des autres pour ne pas avoir à entendre ma douleur. J'ai entendu la peine particulière d'un homme, si profonde, et qui ressemblait à la mienne. Je me disais qu'avant de mourir, je pourrais tenter d'aider quelqu'un. Nous avons partagé nos vides mutuels. Ma vie, grâce à lui était devenue moins vaine. Je voulais le libérer d'une prison infâme. J'ai fait ce qu'il fallait : je suis allée le chercher.
Je n'ai pas pu, voulu croire, qu'en retour il m'aimait.

Il me manquait une clef pour comprendre : Ubuntu.

 

Des marelles de la cour aux jeux d'awalé d'Afrique, du silence de nos vieux d'ici aux chants des vieux d'ailleurs, des victoires aux échecs, d'hommes et de femmes engagés, les émotions sont les mêmes en partage. Mais, isolée de chacun, de chacune, je ne sentais plus rien.

Un film, m'a rendu ma place dans le monde. J'ai compris que, volontairement ou pas, j'impactais la vie des autres, quoique je fasse, de grave ou d'anodin.
J'étais reliée : ma vie donc, en fin de compte, avait du sens.

 

D'abord pour mes pairs, j'ai agité les attaches de ma chaîne pour faire du bien autant que je le pouvais, en conscience. J'espérais qu'au-delà de moi, par un effet de dominos, d'autres profiteraient d'une certaine forme de bonté ou de joie. Un cercle vertueux s'est amorcé et j'ai reçu en retour, des autres, les bienfaits.
Je me suis mariée avec mon prisonnier.
J'ai compris ce que qu'était le sens de Ma vie.

Je fais depuis des choix qui m'impliquent. Je me relie au monde et je partage ma raison de vivre, autour de moi pour toujours : Ubuntu.

 

Ouvrir ses yeux et son cœur aux autres, pour décupler sa joie en décuplant la leur, c'est la différence qu'il y a entre écouter un disque et se rendre à un concert ; c'est l'écart que je sens à cuisiner pour moi, plutôt qu'inviter à manger chez moi.
Ubuntu, c'est parce qu'en nous, la structure même de notre esprit, est bâtie pour comprendre, en miroir, les émotions de ceux que l'on rencontre, en les éprouvant nous-mêmes. Et ces émotions nous enchaînent les uns aux autres. Elles me rendent avide de soulager la souffrance, de partager et d'aimer.

 

D'être dans ce monde, concernée par la vie de tous.

 

Je n'ai pas le cœur assez grand peut-être, mais j'essaie, j'essaie et je sème... Ubuntu.



25/04/2016
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