Petit sortilege sans pretention

Petit sortilege sans pretention

Femmes ou butins

 

 

En rangs d'oignons,

Sur l'étale de toutes les violences,

Battues, attachées, livrées, consommées, violées…

Combattantes passives de toutes les guerres,

Elles ont vu la mort cent fois…

Parlez-leur d'amour…

 

On vante leur douceur, on chante leur peau, leur odeur,

On les rêve mères, femmes, filles, amantes, muses,

Jusqu'à ce que la violence recommence.

La moitié de l'humanité, sacrifiée sur l'autel de la servitude

Ailleurs on en use, on en abuse, on se sert, on s'en sert,

Et ici aussi, elles meurent...

 

Des femmes qui mettent au monde des monstres à venir,

Des femelles comme des troupeaux de vaches interchangeables.
En avance sur le temps des conflits, toujours à la recherche de la paix

Pour que vivent leurs enfants.

Elles, dont l'humanité dépend, mais qui n'ont rien à dire

Hantent un monde livré aux démons.

Leurs propres fils, méconnaissables, cannibales, malfaisants.

 

Quel sens donner à la vue d'ensemble du chaos des civilisations,

Où les femmes sont les arguments de la guerre et des redditions,

Et le bétail et la victoire, l'amour et le crachoir,

Le résultat de toutes les projections de leur soi-disant compagnons ?

Qu'auraient-elles fait de ce monde, s'il leur avait été donné ?

Les monstres ont-ils un sexe, ou sont-ils l'humanité ?

Quelles dettes les femmes payent-elles depuis ces millénaires ?

Où sont les fils, où sont les pères, où sont les amants aimants ?

 

Mon âme se souvient de la menace,

Mon esprit de la servitude, 

Mon corps de la douleur.

Je suis une survivante en relative sécurité.

Je vis à côté d'un danger que je mesure.

Je suis une femme.



11/03/2016
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